Tuesday, March 28, 2017
Pour Un Moratoire Sur Le Credit Revolving

Pour Un Moratoire Sur Le Credit Revolving

Prêt renouvelable : exigeons plus de sévérité pour moins de sur-endettement

Pas évident de concevoir qu'un jour, nos sociétés seraient en mesure de complètement s'émanciper du système bancaire actuel. Rien d'étonnant, le crédit étant jusqu'à maintenant la méthode de financement la plus courante et la plus rationnelle qui soit. Remettre en cause le crédit revient à s'en prendre à ce qui a fait l'essor de nos grandes compagnies, de nos politiques sociales ou encore, ce qui a donné la possibilité à de nombreuses personnes d'acquérir leur bien immobilier. Bien que l'enjeu ne soit pas de désavouer le principe même de l'endettement, l’expansion du prêt renouvelable et ses conséquences mortifères sur les ménages est cependant un phénomène beaucoup plus problématique.

Faire la différence entre le bon et le mauvais crédit

Que ce soit pour de l'achat immobilier ou pour de l'entrepreneuriat, il y a des projets qui ne peuvent se réaliser sans le recours à un crédit. Pour les particuliers, le crédit personnel est aussi indispensable lorsqu'il faut changer de voiture, construire une véranda ou financer les études de ses enfants. En soi, Le credit a la consommation et ses derives crédit n'a pas à être dénoncé lorsqu'il fait naître un projet précis et réellement utile à long terme pour une personne ou pour un groupe (mais seulement si le taux d'intérêt est raisonnable). Si le dossier du demandeur est sérieux et qu'il apporte de surcroît les justificatifs demandés en guise de garanties pour son banquier, il ne devrait pas avoir trop d'inconvénients à lever des fonds. Un système est pourtant dans le viseur des associations de lutte contre le sur-endettement : les réserves d'argent. Ces formes de crédit ouvrent la porte aux dérives, d'abord par leurs taux beaucoup trop élevés (avoisinant les 20% la plupart du temps), mais surtout par leur système de réserve qui se remplit au rythme des remboursements. Ce crédit est assez simple à obtenir et il est généralement utilisé par les clients pour payer leurs achats à l'aide d'une carte MasterCard ou une VISA spécifiquement dédiée. Le danger, c'est que ces moyens de paiement sont une irrésistible tentation à l'achat, sans forcément se rendre compte du niveau de remboursement exigé en retour. Il n'existe aujourd'hui aucune réglementation communautaire efficace sur les prêts à la consommation, les établissements financiers n'ont donc pas d'obstacle pour imposer les taux et les conditions qu'ils souhaitent. Quelqu'un devra pourtant mettre un terme un jour à cette pratique.

Cette décision pourrait entraîner les prêteurs à mener une réflexion sur de nouvelles formes de crédit moins addictives.

Si les organismes ferment le robinet du crédit, quelles conséquences ?

D'abord, la suppression de la réserve d'argent serait une mauvaise nouvelle pour les acteurs de la grande distribution et du commerce en général. Pour pouvoir s'offrir des meubles ou des appareils électroménagers, beaucoup de consommateurs utilisent le crédit renouvelable. Le soucis c'est que les organismes tels que Cofinoga ou Cetelem pourraient ne pas vouloir proposer autre chose, par exemple le fait de remplacer le crédit renouvelable par un prêt personnel à faible montant.
Des solutions de rechange devront alors rapidement être déployées.

Pour cela, il faudrait qu'une synergie se créée pour donner naissance à une société de financement intrinsèquement affiliée aux professionnels de la grande distribution. Ce nouveau service serait soutenu par l’État et sa fonction serait de proposer des offres de micro-prêt personnel à montant limité pour chaque client qui exprimerait la volonté de régler ses achats par crédit. La gestion pourrait être attribuée à une entreprise semi-publique ou alors déléguée à une société spécialisée dans le prêt à la consommation et les administrateurs décideraient eux-mêmes des objectifs à suivre. Si les grandes surfaces et les syndicats de commerçants donnent leur accord pour prendre part à cette nouvelle donne du micro-prêt personnel, un client pourra alors demander une carte de crédit spécifique afin de payer ses achats (seulement si son dossier ait été validé par l'organisme). S'ils se regroupent, les distributeurs seraient gagnants (à terme) et les consommateurs pourront faire des économies d'intérêts.

La deuxième solution consisterait à favoriser le prêt entre particuliers. Les emprunteurs seraient invités à se rendre sur une plateforme de financement communautaire afin de faire une simulation de crédit personnel. En utilisant ce système, les emprunteurs réaliseraient une simulation, puis une demande de crédit en direct. Après analyse du dossier, les prêteurs particuliers décideraient ou non d'octroyer le prêt personnel. Si techniquement parlant, il n'est pas très long de mettre en place un tel site, le défi premier serait de faire en sorte que les prêteurs s'inscrivent massivement et dans un court laps de temps pour pouvoir relancer le crédit.


L'ultime piste serait à entamer des négociations avec la Banque Centrale Européenne afin qu'elle investisse directement dans les établissements publics de crédit. L'argument avancé serait que les capitaux soient immédiatement ré-injectés dans l'économie réelle au lieu d'être utilisés à des fins de spéculation.

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